Le Moulin de la Voiselle
Un moulin ancré dans l’histoire de la Voiselle
Situé sur les rives de la rivière Voiselle, à la sortie des marais de Bourges (boulevard Chanzy), le Moulin de la Voiselle porte le nom de ce cours d’eau aménagé par l’homme dès le 12ᵉ siècle.
La Voiselle, dont l’orthographe a évolué au fil des siècles (Vauzellas en 1182, Vaucellis en 1221, Voyzelles en 1553…), prend sa source à la Folie Bâton, derrière l’hôpital actuel, où un seuil sur l’Yèvrette marque son début.
Elle joue également un rôle clé dans l’écoulement des eaux des marais.
Des origines médiévales à la Révolution
Les archives mentionnent le moulin dès le 13ᵉ siècle. À l’origine, il comportait 2 roues (une à l’est, une à l’ouest) et servait à moudre les céréales, produisant la fameuse « boulange ». Propriété du Chapitre de Saint-Étienne en 1223, il change plusieurs fois de mains : cédé à Gilon de la Tournelle en 1229, restauré par Jean Juvénal des Ursins en 1464, puis rendu au Chapitre.
En 1496, un accord entre la ville de Bourges et le Chapitre permet l’ouverture d’une porte dans les remparts pour un accès direct au moulin, à condition que le meunier Pierre Brunet construise et entretienne un pont de bois à ses frais.
Incendies, reconstructions et changements de fonction
Le moulin connaît plusieurs drames, comme l’incendie de 1546, qui le détruit entièrement. Deux siècles plus tard, en 1779, un acte notarié révèle qu’il fournit chaque semaine 9 boisseaux de blé (dont 4 de froment et 2 de seigle) pour nourrir les enfants de la Maîtrise de la Cathédrale.
La Révolution marque un tournant : le moulin, devenu bien national, est vendu en 1791 au citoyen Souchois pour 23 400 livres. Il change ensuite plusieurs fois de propriétaires, son prix augmentant avec l’inflation.
Du 19ᵉ siècle à nos jours : une nouvelle vie
u 19ᵉ siècle, la construction du grand canal de dessèchement (à partir de 1830) améliore l’alimentation en eau du moulin. La famille Delahaut, célèbre dans la meunerie berruyère, en devient propriétaire. Après un nouvel incendie en 1911, le moulin est reconstruit avec une seule roue et se transforme en huilerie en 1913.
En 1980, la Ville de Bourges en fait l’acquisition. Aujourd’hui, le Moulin de la Voiselle abrite des associations de quartier et des salles de réunion. Il joue toujours un rôle dans la régulation des eaux des marais, bien que son avenir soit questionné par les directives sur la continuité écologique.








